Nos débuts

Le groupe Nice Art est né en fin 86  à Paris. Ariane, Dominique, Jean et Lily, les trois mousquetaires du pochoir (ils sont quatre), ont écumé les murs de Paris et de la banlieue sud avant d'aller s'essayer dans le Midi, à Nice, Toulon et Carpentras.... entre autres... La composition du groupe a évolué au fil du temps ....Ils ont été rejoints par BOMBYX, puis Jean est parti à Nantes, Lily à Lyon en passant par Marseille.

 
Comment sommes nous venus au pochoir?

Comme beaucoup d'autres  pochoiristes, par la photographie : nous nous promenions dans Paris, et jour après jour des pochoirs nouveaux apparaissaient, et disparaissaient au gré d'Olga... C'était enivrant... Un vent de liberté soufflait sur Paris. Un jour nous avons franchi le pas et nous avons commencé à bomber nos pochoirs dans les rues.

Pourquoi Nice Art?

Parce que c'est Nice, et que le pochoir est de l'Art!
Mais aussi parce que nous venions de Nice et que le patois niçois d'appelle le Nissart... c'était notre langage
 

On ose la couleur.


Très vite, après des débuts monochromes, Nice Art a osé la couleur  : les premières fresques de grenouilles multicolores, de sternes, de perroquets et de gazelles bondissantes sont apparues sur les murs condamnés du quartier de Belleville, alors en pleine démolition-reconstruction. 

Nous étions en groupe pour aller peindre.... chacun prenait un ou deux spray dans chaque poche, et il était alors facile de mélanger les couleurs et de faire des multiples, à chaque fois différents.


Paris années 80, une ville en mutation

A la fin des années 80, entre immeubles détruits, immeubles murés et  squats, le quartier de Belleville vivait au jour le jour.  Les gens essayaient de vivre normalement entre les grues et les gravats. C'était notre terrain de chasse. Une anecdote parmi tant d'autres de cette époque  : à l'étage d'un immeuble muré deux petits vieux refusent de sortir, de peur d'être définitivement expulsés... Tous les jours ils descendent un panier en osier avec une corde, que les voisins remplissent de bouteilles d'eau, de pain et de quelques provisions. Les petits vieux hissent péniblement le panier, tout en papotant avec les gens de la rue.


Rue des Mûriers, entre deux bulldozers, des sternes multicolores prennent leur envol...  avant que le mur ne soit recouvert de dizaines de grenouilles.
 

Les murs  étaient autant de toiles vierges pour les pochoiristes, que les pelleteuses ravivaient  semaine après semaine!  
 

Notre premier pochoir :

Quelle émotion! C'était un soir froid et humide, rue Lignier dans le XX°. L'histoire a failli s'arrêter là, puisqu'au premier bombage un car de Police a tourné au coin de la rue... Belle frayeur rétrospective. Mais la chance est avec les débutants, et nous avons fini la soirée place de la Réunion, avec des marteaux facétieux et des yeux cachés derrière des murs de briques.
Puis un dinosaure et des ammonites sont venus s'incruster et se fossiliser dans les murs.



Le Logo

Sur ces premières oeuvres, le Logo Nice Art  n'existait pas encore : nous avons mis un certain temps pour le trouver et lui donner sa forme définitive. Caractéristique mais difficile à déchiffrer...
 
 

Mai 1987 : Nice Art sort des murs à Paliss'Art... 
 

Après des mois de bombages nocturnes, anonymes et intensifs, le groupe rencontre les artistes de Paliss'Art le 24 mai 1987 rue David D'Angers et participe à sa première action collective (sans y être vraiment invité.... bien entendu...).  
C'est l'occasion de rencontrer d'autres groupes, d'autres peintres, et de rencontrer des photographes qui écumaient les rues de Paris et constituaient ainsiune banque d'images colossale.


Octobre 1987 : SAINT ETIENNE


C'est au festival du livre de St Etienne (Allez les Verts...) que nous avons rencontré les autres street artistes au cours d'une mémorable performance sur des toiles tendues sur des cadres : Blek et Miss Tic qui nous ont laissé bomber avec eux et nous ont très gentiment branchés sur des plans pochoirs.

Passage Delaunay

C'est dans ce passage du XI° que nous allions essayer nos bombages et que nous avons tourné avec FR3. Tous les pochoiristes s'y donnaient R.V. et les photographes sillonnaient quotidiennement le quartier pour rafraîchir leurs banques de données. Puis les pelleteuses sont arrivées, et les pans de murs ont commencé à s'effondrer, grignotées par l'inexorable urbanisation du XI°. Ironie du sort... Passage Delaunay s'est construit un immense lycée, le Lycée Technique Dorian, où j'ai travaillé, bien plus tard



 

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NICE ART - ETAMPES - FRANCE - Contact : agiannoni@sfr.fr